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Midinette
Nom
féminin, qui apparaît à la fin du XIXe siècle. Composé à partir de midi et
de dînette. Familier: Nom donné à l'origine aux jeunes ouvrières parisiennes
de la mode qui, à midi, se contentaient d'un repas sommaire. Par extension, personne
sentimentale et naïve. Une âme de midinette. Jeune citadine naïve,
sentimentale et frivole...
Étymologie et Histoire
:
1890 (Le Journal amusant, 17 mai, 2a, Légende d'un dessin de
Henriot dans Quem), de midi* et dînette*,
littéralement «qui fait la dînette à midi».
Mise à jour de la notice étymologique
par le programme de recherche TLF-Étym
:
Histoire :
1. « jeune employée
de couture parisienne ». Attesté depuis 1890 [17 mai] (Journal
amusant, page 2a, légende d'un dessin de Henriot, in DDL
17 : "La
sortie à midi : Une heure pour déjeuner chez le 'chand de vin ; un
hareng, deux sous de frites… Très gentilles, les petites midinettes")...
2. « jeune fille à
la sentimentalité naïve ». Attesté depuis 1922 chez Martin
du Gard, Thibault...
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Origine
:
Formation française :
mot-valise formé
du substantif midi
*
et du substantif dînette
*
.
Cf.
von Wartburg in FEW
3, 94b
, disjejunare
I 2 et note 7
ainsi que Hasselrot,
Formation diminutive 204, note 2 : « C.-à.‑d.
‘qui fait dînette à midi’ »
.
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Rédaction
TLF 19
85
:
Équipe diachronique du TLF.
- Mise à jour 20
05
:
Éva Buchi
. - Relecture mise à jour 20
05
:
Frédéric Duval
;
France Lagueunière
.
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Tiré de cnrtl.fr/etymologie/midinette
Un
Poème:
Midinettes
Les
midinettes
Sortent des cours
A midi pile.
A midi net,
Au Luxembourg
Se désopilent
Pour leur dînette
C'est un concours
De sex-appeal
De vieux messieurs oisifs tout à fait respectables,
Assis de loin en loin sur les chaises du parc,
Regardent en souriant ce si charmant spectacle
Il est bien loin le temps où Éros et son arc...
La canne entre les jambes et la main en visière
A l'amicale des boules dont ils ont été membres
Tirant sans trop y croire sur une pipe en bruyère
Parfumés de jeunes filles qui graciles se cambrent.
Le soir à la maison, déçus par leur compagne
Ces vieux messieurs rosis auront la tête ailleurs
Alors, en sirotant une coupe de champagne
Se diront la jeunesse rend le monde meilleur.
©
Patrice Leconte, dans " Nous sommes tous des poètes"-
sur
une idée de Michel Tauriac, Plon éditions.
Trouvé sur domai.com
Sur
l'origine du mot "midinette", je reprends le dossier de Pierre
Fay,
publié
par la Nouvelle Vie Ouvrière du 11-07-2003
et
trouvé sur le site de
michel151.chez-alice.fr
ou michel.vo.free.fr
-
MIDINETTES
???
-
Aujourd'hui
qui sait encore ce que signifie le mot midinette ?
-
Et pourtant,
derrière ce mot c'est tout un pan de l'histoire sociale de notre pays qui
est révélé.
-
De nos jours
l'alliance patronat-pouvoir essaie de balayer un siècle d'acquis sociaux en
s'appuyant sur une jeunesse empreinte d'une culture individualiste imposée
par les médias à la botte. Cette jeunesse, dans sa majorité, a tourné le
dos aux idées de solidarité, aux reflexes collectifs de défense et ignore
tout du fait syndical.
-
Les anciens
qui peu ou prou ont participé à cette histoire collective de conquêtes
sociales ont un devoir de mémoire.
-
C'était en
1917, loin des effets de manche d'une avocate relayée par les médias et
quelques politiciennes ambitieuses. C'était en plein dans cette sale guerre
utilisée par le patronat de cette époque pour imposer des sacrifices, une
austérité sociale propice à l'accroissement de ses profits.
-
Le terme
"féminisme" n'était pas encore inventé, mais des femmes
allaient se révolter et animer un conflit social populaire et exemplaire.
-
- Exemplaire
car même corporatiste (au début) il franchissait les grilles des
entreprises et faisait voler en éclat "l'esprit de boutique" et
les attitudes "paternalistes" des employeurs.
-
- Exemplaire
car il a gagné d'autres corporations et posé un sérieux problème aux
dirigeants va-t-en guerre de l'époque.
-
-
Mais
place à l'histoire.
-
Elles
courent, elles sautent, elles chantent, elles rient : les midinettes sont
dans la rue... Elles
refusent le chômage obligatoire d'une demi-journée, le
samedi, imposé par les patrons de la couture. Leurs
revendications ? La «semaine anglaise» intégralement compensée et une
prime de vie chère.
-
En
pleine guerre, la grève s'étend. En
Champagne, à quelque deux cents kilomètres de là, les
soldats des deux camps meurent par milliers.
Les
femmes salariées, qui
remplacent de plus en plus les hommes mobilisés au front : Elles
- refusent
l'exploitation et réclament la paix.
-
-
1917,
La grève joyeuse des midinettes
Le
spectacle était insolite! En pleine guerre (et quelle guerre!), la plus
terrible que l'on ait connu, des centaines de jeunes femmes, les midinettes (1),
parcourent les rues de la capitale en chantant:
- «
On s'en fout,
- On
aura la semaine anglaise
- On
s'en fout,
- On
aura les vingt sous... »
-
«
OUI, MONSIEUR, C'EST UNE GRÈVE ! »
Le conflit a
démarré au mois de mai quand le patronat de la couture a voulu imposer une
semaine anglaise, à sa convenance, c'est-à-dire un congé du samedi après-midi
non payé. En réalité, un chômage obligatoire alors que le coût de la
vie ne cesse de grimper. Au départ, les grévistes se comptent... elles
sont deux cents cinquante ! Elles mettent au point leurs revendications : la
semaine anglaise, une vraie, c'est-à-dire intégralement compensée et une
indemnité de vie chère de 1 franc pour les ouvrières et de 0,50 franc
pour les apprenties.
Face
à ces demandes, le patronat n'offre qu'une augmentation dérisoire et
l'installation d'un réfectoire ! C'est loin du compte et les grévistes, réunies
à la Bourse du travail, décident de continuer la lutte. Le lundi, elles reçoivent
le renfort des cinq cents ouvrières de la maison Cheruit, place Vendôme.
Le mardi, elles sont deux mille en grève. Paris s'étonne, puis
s'enthousiasme. « Sur les Grands Boulevards, écrit le reporter de
l'Humanité, un long cortège s'avance. Ce sont les midinettes parisiennes
aux corsages fleuris de lilas et de muguet; elles courent, elles sautent,
elles chantent, elles rient et pourtant ce n'est ni la sainte-Catherine, ni
la mi-Carême. C'est la grève. » Et la grève s'étend. De trois mille, le
mercredi 16 mai, elles seront dix mille à la fin de la semaine. On voit les
cochers de fiacre et les chauffeurs de taxi faire monter les grévistes pour
les emmener à « la Grange aux
Belles », le siège de la CGT, qui n'a jamais tant mérité
son nom. Les soldats en permission accompagnent leur petite amie, et il
arrive que les gars du bâtiment descendent de leur échafaudage pour
applaudir ces jolies filles.
- C'était
déjà une revendication de RTT
Jamais
l'adage « ce que femme veut »
n'a reçu une telle confirmation. Les patrons finissent par accepter leur
revendication d'une indemnité de vie chère et s'engagent, en attendant le
vote d'une loi, à faire un « essai loyal » de semaine anglaise. Cette
victoire provoque une sorte de levée en masse. Les unes après les autres,
toutes les professions féminines de Paris reprennent les revendications des
midinettes. Voici les confectionneuses, les caoutchoutières, les brodeuses,
les lingères, les ouvrières de l'usine de lampes Iris, à
Issy-les-Moulineaux, les fleuristes-plumassières, puis les employées des
Établissements militaires, les employées des banques, notamment celles de
la Société générale, les confectionneuses de la Belle jardinière.
Sitôt le
travail arrêté, les grévistes prennent le chemin de la Bourse du travail
où les militants sont littéralement débordés. Pour se reconnaître,
chaque groupe arbore, sur une hampe de pancarte, le nom de sa profession et
un emblème improvisé, une jarretelle de soie bleue, un chandail de laine,
une plume d'autruche, où encore, l'affiche du dernier emprunt de guerre.
- Les
revendications s'étendent et évoluent
Le
mouvement gagne les usines d'armement qui faute de main-d'oeuvre masculine,
ont été conduites à embaucher nombre de «munitionnettes» (2).
Le 3 juin, la presse annonce « Grève aux usines Citroën », mais la
censure caviarde les articles. C'est que l'affaire devient autrement inquiétante
pour le pouvoir car le mouvement n'épargne pas la province qui va compter
bientôt 11 000 grévistes. À la poudrerie de Saint-Médard, en Gironde, 2
500 ouvrières arrêtent le travail. Pour la seule année 1917, les
statistiques officielles relèveront 700 conflits, 300 000 grévistes, 565
succès ou accords collectifs et les syndicats, de leur côté, font état
d'un fort mouvement d'adhésions. Ainsi, la fédération des Métaux CGT
comptera jusqu'à 37,5 % de femmes syndiquées dans ses rangs.
Mais bientôt
de nouvelles revendications apparaissent dans les manifestations. on entend
crier « Plus d'obus... Nos poilus ». Les grèves pour la semaine anglaise
deviennent des grèves contre la guerre ! Car personne n'oublie le sort
tragique de nos soldats. Les nouvelles en provenance du front sont
franchement désastreuses. Les tranchées allemandes strient de blessures à
vif le sol de la Champagne. La grande offensive du général Nivelle s'est
soldée par un cuisant fiasco et, devant la gravité de la situation, le
gouvernement fait appel à un homme à poigne, le général Pétain, nommé
commandant en chef des armées françaises du Nord et du Nord-Est. Pétain
qui sanctionnera sans pitié tous ceux qui refusent que continue une année
de plus d'effarante tuerie.
-
Il
n'est plus question de « fleur au fusil »... Le pays a soif de paix.
-
(1)
Midinettes : jeunes ouvrières ou
vendeuses parisiennes de la couture ou de la mode.
-
(2)
Pour remplacer les hommes, mobilisés pour la guerre, on fit massivement
appel aux femmes et aux ressortissants des colonies ( asiatiques surtout )
dans les industries et notamment dans celles de l'armement
-
L'avenir
de l'homme ...
-
Si la guerre
a été l'occasion pour les femmes d'entrer en masse dans la production,
certains ne voyaient là qu'une situation passagère. Au lendemain de
l'armistice du 11 novembre 1918, Louis Loucheur, ministre et industriel du
Nord, remercie les femmes qui ont travaillé dans les usines d'armement et
ont ainsi contribué à la victoire, mais leur conseille vivement de
retourner chez elles ! Les discours natalistes vont refaire surface et
remettent au goût du jour l'incompatibilité qui existerait entre maternité
et travail.
-
Il faudra au
mouvement syndical beaucoup de lucidité et bien des efforts pour refuser
que, selon les mots de Jules Guesde « la femme soit le prolétaire de
l'homme » et que, tout au contraire, elle devienne l'avenir de l'homme.
-
-
Ce dossier confectionné par Pierre
Fay a été publié par la Nouvelle Vie Ouvrière du 11-07-2003
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